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Sablier
© Aron Visuals

Quel effort pour rester dans les temps ?

Sur la base des technologies maîtrisées actuellement, nous pouvons dresser une vue générale de la transition énergétique. C'est-à-dire, pour chaque source d'énergie fossile – pétrole, charbon, gaz en rouge – vers quelles sources décarbonées alternatives il est possible de se tourner pour faire baisser les émissions de CO2.

Vue d'ensemble de la transition
GIEC, 1 US EIA, 4 5

🤨Alors, au final doit-on privilégier plutôt le nucléaire ou les énergies renouvelables ?

Tout d'abord, gardons toujours en tête que pour réduire les émissions, le succès ne se mesure pas à ce qui est ajouté mais bien ce qui est retiré.

Si l'on regarde ce qui a déjà été fait à l'heure actuelle, le plus efficace pour aller droit au but sont les barrages hydroélectriques et le nucléaire. Ces deux technologies se complètent par ailleurs très bien : le nucléaire fournit une base, les barrages couvrent les variations rapides de la demande sur le réseau. Ontario, Norvège, Nouvelle-Zélande, Uruguay, France ... Tous les grands états produisant aujourd'hui une électricité réellement bas carbone y parviennent grâce à l'une de ces deux sources d'énergie, ou une combinaison des deux. 2

Quant aux pays qui se sont tournés massivement vers l'éolien et le solaire, Danemark et Allemagne en tête, leurs émissions restent aujourd'hui en moyenne 3 à 6 fois plus importantes. Ils ont cependant l'immense mérite d'avoir ouvert la voie, en montrant que le recours à grande échelle à des énergies intermittentes était techniquement possible.

Car nous ne pourrons pas construire des barrages et des centrales nucléaires partout. Le déploiement du solaire et de l'éolien reste donc, en dépit des limitations actuelles, une part incontournable de la solution.

🤔Est-ce que pour autant nous serons capable de remplacer 75% des énergies fossiles 3 par des sources sobres en carbone d'ici 30 ans ?

Rien n'est moins sûr. Comparons donc quelques ordres de grandeur pour percevoir l'ampleur de l'effort attendu.

Le déploiement le plus rapide d'une production électrique sobre en carbone par habitant revient aux programmes électronucléaires menés dans les années 70. En France bien sûr, mais également en Suède et en Finlande. Si tous les pays du monde arrivaient, en proportion de leur population, à renouveller l'exploit aujourd'hui, l'objectif attendu pourrait théoriquement être atteint après 25 à 40 ans. Concrètement, cela revient à mettre en service une centrale nucléaire moderne – comme l'EPR français – en moyenne tous les deux jours.

Avec les nouvelles énergies renouvelables, si l'on en croit les statistiques passées, ce serait beaucoup plus long.

Si le monde entier arrivait à s'aligner sur le Danemark, qui bénéficie de conditions de vent parmi les plus favorables au monde, remplacer les trois quarts de la consommation actuelle d'énergies fossiles prendrait 105 ans. On retrouve à peu près le même résultat en prenant comme référence l'Energiewende – la transition énergétique allemande vers les énergies renouvelables.

Records de vitesse dans la transition énergétique Records de vitesse dans la transition énergétique
BP Statistical Review 2019 7

La généralisation du nucléaire est limité, le déploiement des énergies renouvelables est trop lent ... Au final, arriver à remplacer ne serait-ce que les trois quarts des énergies fossiles, en moins de 30 ans, est totalement hors de portée.

Records de vitesse dans la transition énergétique Records de vitesse dans la transition énergétique

Pour combler le fossé qui sépare notre trajectoire de l’objectif que nous nous sommes fixé, il ne nous reste plus à ce stade qu'une seule option : réduire notre consommation d'énergie.

Après pétrole L'après pétrole
Descente énergétique La descente énergétique